Infections urinaires à répétition : que faire ?

De nombreuses patientes se plaignent d’infections urinaires à répétition malgré la prise fréquente d’antibiotiques et les mesures hygiéno-diététiques comme : augmenter les apports hydriques (1,5L d’eau/jour), éviter de retenir les mictions et les pantalons trop serrés, mictions post-coïtales, éviter la constipation…

Des traitements prophylactiques non antibiotiques ont montré leur efficacité :

  • Œstrogènes par voie vaginale en cas de ménopause (à voir avec le gynécologue)
  • Vaccin oral à base de la souche E.Coli (OM-89) 1x/j pendant 3 mois
  • Extraits de Canneberge (au moins 36mg de proanthocyanidine) (résultats d’études contradictoires sur efficacité)
  • 2 g D-mannose/ jour (manque de données concernant son efficacité mais peut être essayé)

Certains médicaments exposent également aux infections urinaires :

  • Les médicaments aux propriétés anticholinergiques qui assèchent la muqueuse vaginale et qui peuvent engendrer des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie) : antidépresseurs tricycliques, anticholinergiques urinaires,
    antihistaminiques, spasmolytiques, antipsychotiques…
  • Les médicaments immunosuppresseurs en cas de greffes, de maladie de Crohn, de psoriasis ou la corticothérapie en chronique
  • En cas de diabète mal équilibré —> suivre l’hémoglobine glycquée (HbA1c) et adaptation du traitement antidiabétique si nécessaire.

Si ces mesures ont été inefficaces et que la fréquence des cystites dépasse 1x/mois, le médecin peut parfois prescrire une antibioprophylaxie pendant 3 à 6 mois en continu.

Dans ce cas, la fosfomycine trométamol (Monuril°) 3g tous les 7-10 jours ou le triméthoprime (en préparation magistrale) 100mg 1x/j doivent être utilisés. Si les cystites récidivantes sont liées aux rapports sexuels, prendre ces antibiotiques 2h avant le rapport ou 2h après (max 1 sachet de Monuril° par semaine vu son effet effet prolongé et max 1 comprimé de trimethoprime par jour).

La nitrofurantoïne (Furadantine°) n’est pas recommandée en usage chronique vu le risque de toxicité pulmonaire chronique grave (toux, dyspnée, douleurs thoraciques, fatigue…) pouvant survenir après plusieurs mois voir années de traitement. De plus, elle cause également des neuropathies périphériques (attention chez les patients diabétiques mal équilibrés et chez les patients souffrant de douleurs neuropathiques) et des hépatites.

Les quinolones doivent également être évitées vu le risque de sélection de souches résistantes et de leurtoxicité cardiaque, tendineuse et neurologique.

Il est important de toujours demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Meunier N.
Pharmacien clinicien

Europea Association of Urology, Urological Infections, G. Bonkat (Chair), R.R. Bartoletti, F. Bruyère, T. Cai, S.E. Geerlings, B. Köves, S. Schubert, F. Wagenlehner

Lung toxicity and Nitrofurantoin: the tip of the iceberg?, M. Weir, G.J. Daly, QJM: An International Journal of Medicine, Volume 106, Issue 3, March 2013, Pages