Nouvelles recommandations thérapeutiques du diabète de type 2 💊💉

Fin 2019, l’ADA (American Diabetes Association) et l’EASD (European Association for the Study of Diabetes) sont arrivés à un consensus quant à la rédaction de nouvelles recommandations concernant la prise en charge médicamenteuse du diabète de type II :

  1. La metformine continue à être le traitement de 1ère ligne (sauf pour les patients atteints de néphropathies diabétiques sévères)
  2.  La sélection des médicaments à ajouter à la metformine dépend :
    1. 💊Des antécédents médicaux du patient :
      – Si Athérosclérose (AVC/infarctus du myocarde/amputation/sténose carotidienne) —> Inhibiteurs du SGLT2* ou AR GLP1**
      – Si Néphropathie diabétique —> Inhibiteurs du SGLT2
      – Si Insuffisance cardiaque —> Inhibiteurs du SGLT2 (liés au leurs effets diurétiques)
    2. 💊Si l’on vise une perte de poids —> Inhibiteurs du SGLT2* ou AR GLP1**
    3. 💊 Si l’on veut éviter des hypoglycémies —> Eviter les sulfamidés hypoglycémiants
    4. 💊 Si l’on veut faire des économiser —> Sulfamidés hypoglycémiants (- chers)
    5. 💊 Des préférences du patient
  3. – Si un traitement parentérale 💉 est nécessaire, on débute d’abord avec un AR GLP1 plutôt que l’insuline car ceux-ci ne causent pas d’hypoglycémie et provoque plutôt une perte de poids qu’une prise de poids. Cependant, ceux-ci présentent une mauvaise tolérance digestive à l’initiation de traitement (nausées, vomissements et diarrhées). Il est important d’informer le patient qu’ils vont s’atténuer. Veillez à exclure une pancréatite (dosage des lipases et/ou amylases) en cas de persistances de symptômes digestifs sévères.

Aujourd’hui, en Belgique, les sulfamidés hypoglycémiants représentent près de 50% des antidiabétiques oraux hors metformine (dont l’Uni-diamicron° représente 41% à lui seul) malgré que ces nouvelles recommandations freinent leur utilisation vu le risque d’hypoglycémie et de prise de poids. Les inhibiteurs du SGLT2 et des AR GLP1 ne représentent respectivement que 13% et 7% des prescriptions malgré leurs nombreux avantages (réduction de la mortalité cardiovasculaire, pas d’hypoglycémie, perte du poids). Heureusement pour notre Sécurité Sociale, vu leurs prix exorbitants par rapport aux sulfamidés hypoglycémiants (env 150eur les 100cp Jardiance° >< 15eur les 90cp d’Uni-Diamicron°…)

On peut se poser légitimement la question du lobbyisme des firmes pharmaceutiques au sein des sociétés savantes quand on voit que la Société Européenne de Cardiologie (ESC 2019) a publié ses propres recommandations thérapeutiques concernant la prise en charge du diabète de type II et qui place les inhibiteurs du SGLT2 et les AR GLP1 en première ligne devant la metformine… Alors qu’il existe des alertes de l’EMA et de la FDA d’un « potentiel » risque accru de cancers de la thyroïde et de pancréatites sous AR GLP1 et de gangrènes de Fournier et d’acidocétoses diabétiques sous inhibiteurs du SGLT2… L’avenir nous le dira…

Vu l’épidémie de diabètes dans les années à venir liés au vieillissement de la population, la recherche de nouveaux traitements du diabète est fondamentale et représente un business plus que rentable… Mais qui, je l’espère, bénéficiera surtout aux malades…

Nicolas Meunier, pharmacien

* Inhibiteurs du SGLT 2 : Jardiance (empagliflozine), Forxiga°, (dapagliflozine), Invokana° (canagliflozine)

** Agoniste des récépteurs du GLP1 : Liraglutide (Victoza°), Exénatide (Byetta°), Dulaglutide (Trulicity°),…

  • Références :
    – ADA 2019, Diabetes Guidelines (care.diabetesjournals.org)
    – ESC 2019, Guidelines on Diabetes, Pre-Diabetes and Cardiovascular Diseases developed in collaboration with the EASD
    – Davies MJ, D’Alessio DA, Fradkin J, et al. Management of hyperglycaemia in type 2 diabetes, 2018. A consensus report by the American Diabetes Association (ADA) and the European Association for the Study of Diabetes (EASD). Diabetologia 2018 ; 61:2461-98
    – FDA MedWatch – SGLT2 (sodium-glucose cotransporter-2) Inhibitors for Diabetes: Drug Safety Communication – Regarding Rare Occurrences of a Serious Infection of the Genital Area
    – Jönsson B. Diabetologia 2002;45:S5–S12